26.11.2008
Article sponsorisé par le lobby des choses (achetez des choses !) (plein) (en double) (et étouffez-vous avec) (merci)

Aujourd'hui on va revenir sur un micro-évènement blogosphérique qui a suscité quelques émois avant de retomber comme il se doit dans un oubli parfaitement salutaire. Il s'agit de la publication par CB News d'une double page consacrée à la blogosphère monétisante.
Et moi au début je ne voulais pas en parler. Je vous jure que je ne voulais pas m'étendre sur ces foutus billets sponsorisés vecteurs de discussions vide-crane et ces blogueurs zinfluents mono-neuronaux dont la suffisance est proportionnelle au trafic de leur blog et l'intérêt de leur propos inversement proportionnel à leur suffisance. Bref parler de cette double page consacrée à la pub dans la blogosphère et parue dans CB News (moi non plus je connaissais pas) (oui, moi aussi j'en avais rien foutre) (et oui moi aussi j'en ai toujours rien à foutre), ça me gonflait par avance. Mais Nahimage en a parlé. Et je suppose (mais avec la maman de ce blog il faut souvent lire entre les lignes, et parfois on se goure grave) que c'est à cet article passablement faux-cul et racoleur qu'elle faisait allusion dans un de ses commentaires ici. Et si vous n'avez pas encore lu l'article, vous pouvez le trouver scanné chez l'inénarrable mascotte de l'intelligentsia girlyblogueuse.
Sérieux, je ne voulais pas en parler. Parce qu'à l'instar de mes diatribes anti-Facebook et MySpace, m'épancher sur un tel sujet reviendrait à un nouveau suicide bloguesque. Je hais la pub (*). Je hais la pub, et je vomis le concept de billets sponsorisés, je les hais d'autant plus qu'ils poussent les plus merveilleuses et plus fines plumes à faire l'apologie d'un nécrocarburant ou d'une marque de pompes plus connue pour ses sweatshops que pour sa bienveillance sociale. La publicité salit tout, elle comprime la liberté d'expression, pousse à l'auto-censure, dégrade les contenus, formate les esprits, musèle les journalistes, s'empare lentement mais surement de toute forme de vie privée, numérise le citoyen, consumérise toute chose, monétise toute forme artistique, transforme l'auteur en publiciste, et chaque page web en sucette decaux. La publicité, en tant qu'ultime arme capitaliste, celle qui dépouille l'Homme de ses derniers restes d'humanité, sa vie privée, son jugement critique, sa liberté d'expression, pour en faire de l'argent, est LE fléau de notre époque.
Mais bon voilà j'en parle. Je suis faible que voulez-vous. Cet article commence par une délicieuse hypocrisie qui de suite vous donne envie de tarter le rédacteur et d'alimenter votre poubelle. "Certaines pratiques repérées sur le net laissent pantois". Sic. La gonzesse elle est rédactrice dans un magazine de "communication et business" et elle est "pantois(e)" devant les billets sponsorisés. Allez vazy prends nous pour des cons. Là déjà tu sens que le billet il va refourguer de la morale bien-pensante à la louche. Et ça loupe pas. Comme le dit Nahimage :
Et clairement la gonzesse de CB News a opté pour l'option "pute". En plus classe quand même.. ah non même pas :
Et croyez-moi, en ce qui concerne la putasserie, Daniel Dhombres parle en expert ; il est président du Syntec RP -RP, non pas pour Région Parisienne comme je l'ai d'abord cru mais pour Relations Publiques. Le Syntec c'est le syndicat patronal des esclavagistes modernes, la convention collective la plus pourrie. Dhombres c'est un peu la taulière de bordel qui va insulter les péripatéticiennes du boulevard d'à côté. Mais lui il a une cravate alors la "journaliste" trouve que c'est la voix de la sagesse. Supaire. La double page est un festival d'hypocrisie, comme la presse formatée est habituée à le faire ; la verroterie reçu par l'inévitable sarkophile de service, Emery serait un véritable trésor (le pauvre il est obligé de s'arranger avec son facteur tellement il reçoit de cadeaux), les billets sponsorisés rapporteraient des fortunes à leurs auteurs (jusqu'à 500 euros selon leurs "estimations"), et l'indépendance "journalistique" du blog partirait en éclat. Alors, ouais, bien sûr, tout cela n'est pas faux. Sauf que. La verroterie c'est des avantages en nature (et donc taxés comme tels) et c'est pas ça qui remplit ton frigo, les billets à 500 euros c'est rare et ne concerne qu'une infime minorités de blogueurs.
La vérité c'est que la quasi totalité de celles et ceux qui se sont essayés aux billets sponsorisés n'en retirent pas de quoi foutre du beurre sur leur plat de nouille et se trainent une réputation de vendu qu'ils ont du mal à (di)gérer. La vérité c'est que le billet sponsorisé n'est que la dernière extension en date de la publicité camouflage, commencée par les publi rédactionnels mis en page avec la charte graphique du journal où ils sont insérées, et continuée sur le net avec les adds google qui se fondent à la fois graphiquement dans le décor de la page web, et textuellement grâce au repérage des mots-clés qui aident à la sélection dynamique des annonces.
Une des plus grosse hypocrisie de l'article vient à la fin, quand la rédactrice se gausse des velléités de blogueurs à faire partie du secteur de la presse. "Mais les supports de presse ont des régies qui, justement, garantissent l'indépendance éditoriale des journalistes". Sic again. La meuf, elle écrirait pour Bisounours magasine on pourrait lui pardonner, mais dans CB News c'est du foutage de gueule à l'état pur.
Je ne cherche en AUCUN cas à défendre l'utilisation de la pub, et surtout pas sous forme de billets sponsorisés. Mais cette désagréable connerie qui consiste à stigmatiser une douzaine d'imbéciles heureux (y'en a quand même un qui se fait taper sur les doigts pour avoir réalisé une interview sponsorisée de Thomas Hugues) (oui, oui, une interview sponsorisée de Thomas Hughes... si c'est pas la lose intégrale) (okay c'est pas Danièle Gilbert, mais quand même) en évitant tout recul, toute analyse plus générale, en évitant de replacer tout cela dans ce contexte puant de publicité généralisée omniprésente et omnipotente (de combien de magazine la pub est-elle la seule source de revenue? de combien de site web ?), ça m'écoeure. Vraiment. Vraiment parce que les vrais points importants ne sont jamais abordés.
Rédiger un billets publicitaire, c'est un boulot de publicitaire. Ils en pensent quoi, les salariés et les freelance de la pub, des billets payés 25 euros ? Combien coute une campagne de pub à l'annonceur, et combien sont payés au total l'ensemble des blogueurs, publiciatires amateurs, qui ont finalement réalisé la campagne de pub ? Faut pas rêver, le crime ne profite toujours qu'aux même, et c'est pas la focalisation sur un poignée de lampistes qui arrivent à profiter un peu de ce système, et toujours les mêmes, c'est dire s'ils sont vraiment pas nombreux, qui changera la donne.
Parce que c'est un peu facile de mettre dans la lumière ceux qui font des billets sponsorisés, un peu comme tu jette des gladiateurs dans l'arène. Mais qui à inventé le concept de billets sponsorisés ? C'est Violette SBEP peut-être? C'est sûrement Emery, tiens.. Ya des pubards qui ont eu l'idée putassièrement géniale de faire encore plus fort que les adds google fondus dans le décor ; inciter les blogueurs à rédiger eux-même les publi-rédactionnels. Un billets sponsorisés c'est ultime ; ça s'adresse au bon public, avec le ton typique du blog, y a plus à chercher à fondre la pub dans le contenu, puisque la pub EST le contenu. Le concept est machiavélique. Et doublement machiavélique puisqu'une fois répandu il va semer la zizanie dans le landerneau blogueux en montant les lecteurs et les "blogueurs probes" contre les publi-rédacteurs. Cette gueguerre va focaliser l'attention pendant que la véritable pourriture bien à l'abri des regards, son gros cul infatué vissé dans un fauteuil confortable et hors de prix d'une agence de com de merde où le fric coule à flot et se déverse bien plus dans les poches des mafias colombiennes pourvoyeuses de sucre en poudre (allo tonton tu tousses?) à ingestion nasale que dans celles des publi rédacteurs de bout de chaîne, est déjà en train de fomenter le prochain concept de publicité intrusive et pernicieuse qui foutra à son tour le feu à la blogo en franchissant un cap supplémentaire vers la poubellisation généralisée d'internet. "Diviser pour mieux régner" qu'il disait l'autre...
Je vous ai déjà dit que j'aimais pas trop trop la pub ?
Au fait, samedi prochain, le 29 novembre, c'est le "Buy Nothing Day"...
pour s’arrêter et réfléchir ?"
Oui, hein... ce serait pas une mauvaise idée...
(*) il y'a d'ailleurs parfois un bandeau de pub au-dessus de ce blog, et à chaque fois qu'il apparait c'est pour meetic, le supermarché déprimant des âmes seules.
09:00 Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note | Tags : consomme, voyelle, journée sans achat, pas miaou

