29.11.2008

De la pub 2.0 (discussion entre deux plaies et un moribond)

En commentaire du dernier "vrai" billet de ce blog, j'ai dit que je répondrai directement par un autre billet, ce sera plus simple. Tout d'abord parce que je voudrais avant toute chose faire une petite mise au point.
Fondamentalement ce billet n'était pas une diatribe anti-pub, cette dernière est venue s'y greffer parce que je suis un brin publiphobe. Le but c'était juste de montrer qu'à mon avis l'article de CB News était relativement putassier et hypocrite, en choisissant de stigmatiser un groupe (les blogueurs qui font des billets sponsorisés) et d'occulter la logique sous-jacente au concept du billets sponsorisés celle de la publicité camouflage, ni de chercher à savoir quels étaient les chiffres côté agence de com. Y avait un boulot de fond à faire, la journaliste a choisi de faire un boulot de feignasse, parsemé de clichés et d'hypocrisie. Ceci étant dit, passons aux commentaires. A partir de maintenant je réponds à La Peste et au à Cholera (car quand ces deux là se répandent sur un blog, il vaut mieux rapidement aiguiser ses défenses). Les autres si vous pouviez changer de blog, ce qui suit est relativement intime, alors un peu de pudeur, s'il vous plaît, non je déconne.



La Peste : "Pour la pub, en fait, tu ne crois pas que, vu sous l'angle créatif bla bla bla ?"

Je vois que vous êtes taquine mademoiselle (vous permettez que je vous appelle taquine?)... mais soyons honnête, oui je me pose quand même la question. Il y a des pubs qui me font marrer, et je me souviens de certaines pubs avec Pierre Desproges (pour des pâtes si ma mémoire est bonne) (ce qu'elle n'est pas, faut bien l'avouer). Disons que je me pose la question de savoir si la pub peut être autre chose qu'une machine à décerveler qui pousse à la surconsommation. On doit sûrement pouvoir établir une distinction entre réclame et propagande, mais c'est pas gagné. De même il existe probablement des business model qui permettent une cohabitation relativement "saine" entre publicité, liberté de contenu, et gavage du lecteur/spectateur, mais là encore c'est pas gagné. En ce qui concerne le volume publicitaire, c'est pas impossible, il me semble qu'au Monde Diplomatique, tout comme à France Inter, les lecteurs et auditeurs se sont tellement plaint par moment qu'ils ont baissé la quantité de pub.
Ah ouais là je m'égare grave par rapport à ce que je voulais dire... En fait si on arrive à cantonner la pub à de la réclame, alors oui on pourra en parler sous l'angle créatif. Mais la pub est désormais devenu un média à part entière, avec des codes, des messages "subliminaux", tellement balisés par les marques que l'aspect créatif (au sens artistique) n'est pas de mise. C'est bien de la mise en forme d'un cahier des charges propagandiste savamment établie dans des agences de coms qu'il s'agit désormais.



Cholera : "moi, la pub, elle paye mon salaire alors je vais pas cracher dessus, comptez pas sur moi."
Et c'est bien dommage. Comme disait le poète (ou Pierre Carles je sais plus) Il faut parfois savoir mordre la main qui te nourrit. Je crois que déjà, à la base, ce pré-requis que tu t'imposes va fausser toute discussion sereine. Nous n'aurons pas le même point de vue, ni même a fortiori la même façon d'attaquer le problème. J'espère juste que tu comprendras mon point de vue, tout comme moi je pense bien cerner le tien.

"Le problème, à mon sens, c'est pas tellement le système. Mine de rien, il emploie des gens, du service de com de l'entreprise, à l'agence, la boite de prod, la boite de post prod, les démonstrateurs de supermarché, les graphistes, les groupes de zic (et oui...), les hotesses, les bureaux de presse etc...et les bloggueurs."

Oui. Et toutes proportions gardées, Thales aussi emploie des gens, et Eurocopter aussi, et GIAT. Le fait d'employer des gens n'est pas une justification suffisante. Si tout cela n'existait pas, quelle en serait la perte sociale? Les services de com n'existaient pas au début de l'ère industrielle, faisaient-on pour autant plus de merde ? La com n'apporte aucune valeur ajoutée sociale, elle n'a pas de justification dans sa propre existence. La com emploie des publicistes dans des agences, des démonstrateurs de supermarché... et alors ? Si les les postes n'existaient pas ils feraient autre chose. Si la pub ne rémunérait pas les artistes, ben ils vivraient autrement. Que je sache, ni Mozart, ni Les Beatles ne doivent leur oeuvre et leur renommée à de quelconques régies publicitaires. Quand les Clash ont vendu leur cul à Lewis ça a fait un foin du tonerre.. c'était bien la preuve qu'à une époque c'est la logique inverse qui prédominait. A une époque faire de la musique pour une marque c'était vendre son âme, et aujourd'hui ce serait un truc normal ?
Je tiens toutefois à prendre des pincettes à prendre des pincettes... je n'ai pas écrit qu'il FALLAIT éradiquer tout ce qui touche à la pub ou à la com (pas encore :o)), je dis juste que la justification que tu apportes pour moi, elle ne tient pas.
Un constat n'est pas la justification de ce constat.


"Le probleme dans le rapport pub-web 2.0, c'est cette manie de vouloir conjuguer Liberté, arrogance et "vendons nous au grand Kapital". Un peu d'humilité que diable!"
Oui mais en même temps, c'est typique de notre époque. On te ressasse que le "grand capital" (aka La Pub ici) c'est la garanti d'indépendance, la pluralité de l'information... La presse féminine est l'apogée de tout cela. Des catalogues publicitaires dont les rédactrices ont des vie de princesse et qui ne cessent de se prévaloir d'une totale liberté d'expression. L'arrogance et la mégalo, ça semble être des bonnes clés pour accéder au nirvana.

" A la télé, tout le monde a assimilé le fait que la pub permet de financer des programmes."
Il semble toutefois que la BBC en apporte un contre-exemple.Et Arte, aussi.
Et sérieusement, financer quels programmes ? Nos séries sont nullissimes, les émissions spécialisées sont racoleuses et tirent le niveau vers le bas..
Plus la pub est impliquée dans des émissions, et plus celles-ci sont médiocres, consensuelles et racoleuses. Et c'est logique. La logique de l'audimat quoi.


"Par ex, à la radio. Radio nova a réussi ce pari de faire digerer passage de pub et programmes pointus ss que personne n'y trouve rien à dire. Parce que c'est bien fait."
C'est possible. Je ne connais pas radio Nova (et de toute évidence nous n'avons pas les même goûts musicaux :o))
Peut-être qu'à Radio Nova les animateurs passent uniquement la musique qu'ils ont envie de passer, sans pression des annonceurs.
Ce serait un peu un cas unique, mais pourquoi pas. Une chose est sûre c'est que ce n'est pas le cas des radios "musicales", dont la programmation est entièrement verrouillée par les annonceurs. Cela rejoint d'ailleurs ce que je disais à propos de la publicité qui salit tout et dégrade tout... l'histoire des principales radios FM, avec NRJ en tête, en est l'illustration parfaite. Devenue commerciales, elles ont perdu toute saveur, toute indépendance, et finalement tout intêret. La programmation musicale ne sert  que d'interlude  lobotomisant entre deux pages de pubs criardes.

"Quant aux rémunérations des bloggueurs, faut peut etre les mettre en parallèle, avec le nombre de ventes que cela rapporte par bloggueur....c'est à dire pas grand chose."
Possible. Et si la journaliste de CB News avait fait son boulot, elle aurait cherché à publier les chiffres, pour une campagne donnée par exemple. Avoir les vrais chiffres est toujours très instructif ;-))
Toujours est-il qu'il ne faut pas non plus négliger le non comptabilisable ; la publicité d'ambiance. Le fait que tu prennes un impact publicitaire dans un environnement que tu affectionnes particulièrement (par exemple un blog :o)). Tu vas pas forcément cliquer de suite sur le lien, mais le jour où tu devras faire un achat tu iras choisir cette marque parce que, sans savoir pourquoi, tu la trouveras cool.


"Vous voulez qu'on parle des salaires des jeunes filles embauchées ds les agences, pour la décoration et corvéables à merci ?"
Tu veux parler de celles et ceux qu'on vire par téléphone assaisonnée d'une blague de mauvais goût ?

28.11.2008

Samedi 29 nov, c'est le Buy Nothing Day

"Les grands traits de l'idéologie publicitaire n'ont pas changé depuis l'origine. À travers leur diversité apparente, toutes les publicités célèbrent le produit héros. La marchandise est le centre et le sens de la vie ; le marché – super ou hyper – est son temple obligé. Le message constamment répété est clair : la consommation résout tous les problèmes. Toutes les dimensions de l'être, corps, cœur, esprit, peuvent se trouver dans le produit. Les marques nous fournissent identité et personnalité : "Ma crème, c'est tout moi.". Le rêve lui-même s'achète, puisqu'on vient nous le vendre. Le bonheur se constitue finalement d'une somme de plaisirs immédiats, à programmer du matin jusqu'au soir. Il n'y a pas à se poser de problèmes métaphysiques ; tout nous est résolu d'avance. L'existence a un but infiniment simple : il suffit de "croquer dans la vie" – de préférence "à pleines dents". Sous prétexte de séduction et de poésie, la publicité actuelle est un opérateur de déstructuration mentale."

 

 

 

Et si on profitait de la crise
pour s’arrêter et réfléchir ?

27.11.2008

La ritournelle dans la tête

Parce que les crooneries c'est bien gentil, mais rien ne vaut l'original. Nirvana et son Kurt "Jesus Christ" Cobain. Smells like teen spirit et sa pom-pom girl anarchiste.

Vas-y Kurt, entertain us !

 

26.11.2008

Article sponsorisé par le lobby des choses (achetez des choses !) (plein) (en double) (et étouffez-vous avec) (merci)

 

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Aujourd'hui on va revenir sur un micro-évènement blogosphérique qui a suscité quelques émois avant de retomber comme il se doit dans un oubli parfaitement salutaire. Il s'agit de la publication par CB News  d'une double page consacrée à la blogosphère monétisante.

Et moi au début je ne voulais pas en parler.
Je vous jure que je ne voulais pas m'étendre sur ces foutus billets sponsorisés vecteurs de discussions vide-crane et ces blogueurs zinfluents mono-neuronaux dont la suffisance est proportionnelle au trafic de leur blog et l'intérêt de leur propos inversement proportionnel à leur suffisance. Bref parler de cette double page consacrée à la pub dans la blogosphère et parue dans CB News (moi non plus je connaissais pas) (oui, moi aussi j'en avais rien foutre) (et oui moi aussi j'en ai toujours rien à foutre), ça me gonflait par avance. Mais Nahimage en a parlé. Et je suppose (mais avec la maman de ce blog il faut souvent lire entre les lignes, et parfois on se goure grave) que c'est à cet article passablement faux-cul et racoleur qu'elle faisait allusion dans un de ses commentaires ici. Et si vous n'avez pas encore lu l'article, vous pouvez le trouver scanné chez l'inénarrable mascotte de l'intelligentsia girlyblogueuse.
Sérieux, je ne voulais pas en parler. Parce qu'à l'instar de mes diatribes anti-Facebook et MySpace, m'épancher sur un tel sujet reviendrait à un nouveau suicide bloguesque. Je hais la pub (*). Je hais la pub, et je vomis le concept de billets sponsorisés, je les hais d'autant plus qu'ils poussent les plus merveilleuses et plus fines plumes à faire l'apologie d'un nécrocarburant ou d'une marque de pompes plus connue pour ses sweatshops que pour sa bienveillance sociale. La publicité salit tout, elle comprime la liberté d'expression, pousse à l'auto-censure, dégrade les contenus, formate les esprits, musèle les journalistes, s'empare lentement mais surement de toute forme de vie privée, numérise le citoyen, consumérise toute chose, monétise toute forme artistique, transforme l'auteur en publiciste, et chaque page web en sucette decaux. La publicité, en tant qu'ultime arme capitaliste, celle qui dépouille l'Homme de ses derniers restes d'humanité, sa vie privée, son jugement critique, sa liberté d'expression, pour en faire de l'argent, est LE fléau de notre époque.
Mais bon voilà j'en parle. Je suis faible que voulez-vous. Cet article commence par une délicieuse hypocrisie qui de suite vous donne envie de tarter le rédacteur et d'alimenter votre poubelle. "Certaines pratiques repérées sur le net laissent pantois". Sic. La gonzesse elle est rédactrice dans un magazine de "communication et business" et elle est "pantois(e)" devant les billets sponsorisés. Allez vazy prends nous pour des cons. Là déjà tu sens que le billet il va refourguer de la morale bien-pensante à la louche. Et ça loupe pas. Comme le dit Nahimage :

"Inutile de tergiverser, cet article a choisi le terrain de la facilité avec notamment les arguments usés jusqu’à la corde et utilisés dans les caricatures, c’est tout dire : “les obscurs blogueurs anonymes qui critiquent les blogueurs influents qui font de l’argent avec leur(s) blog(s) sont des jaloux aigris”, ou encore “les blogueurs influents qui font de l’argent avec leur blog sont des putes”. Pas d’alternative possible[...]"


Et clairement la gonzesse de CB News a opté pour l'option "pute". En plus classe quand même.. ah non même pas :

"<<Cette relation qui est commerciale et sollicitée, c'est de la prostitution>>, tempête D. Dhombres, décidement très en forme".

Et croyez-moi, en ce qui concerne la putasserie, Daniel Dhombres parle en expert ; il est président du Syntec RP -RP, non pas pour Région Parisienne comme je l'ai d'abord cru mais pour Relations Publiques. Le Syntec c'est le syndicat patronal des esclavagistes modernes, la convention collective la plus pourrie. Dhombres c'est un peu la taulière de bordel qui va insulter les péripatéticiennes du boulevard d'à côté. Mais lui il a une cravate alors la "journaliste" trouve que c'est la voix de la sagesse. Supaire. La double page est un festival d'hypocrisie, comme la presse formatée est habituée à le faire ; la verroterie reçu par l'inévitable sarkophile de service, Emery serait un véritable trésor (le pauvre il est obligé de s'arranger avec son facteur tellement il reçoit de cadeaux), les billets sponsorisés rapporteraient des fortunes à leurs auteurs (jusqu'à 500 euros selon leurs "estimations"), et l'indépendance "journalistique" du blog partirait en éclat. Alors, ouais, bien sûr, tout cela n'est pas faux. Sauf que. La verroterie c'est des avantages en nature (et donc taxés comme tels) et c'est pas ça qui remplit ton frigo, les billets à 500 euros c'est rare et ne concerne qu'une infime minorités de blogueurs.
La vérité c'est que la quasi totalité de celles et ceux qui se sont essayés aux billets sponsorisés n'en retirent pas de quoi foutre du beurre sur leur plat de nouille et se trainent une réputation de vendu qu'ils ont du mal à (di)gérer. La vérité c'est que le billet sponsorisé n'est que la dernière extension en date de la publicité camouflage, commencée par les publi rédactionnels mis en page avec la charte graphique du journal où ils sont insérées, et continuée sur le net avec les adds google qui se fondent à la fois graphiquement dans le décor de la page web, et textuellement grâce au repérage des mots-clés qui aident à la sélection dynamique des annonces.
Une des plus grosse hypocrisie de l'article vient à la fin, quand la rédactrice se gausse des velléités de blogueurs à faire partie du secteur de la presse. "Mais les supports de presse ont des régies qui, justement, garantissent l'indépendance éditoriale des journalistes". Sic again. La meuf, elle écrirait pour Bisounours magasine on pourrait lui pardonner, mais dans CB News c'est du foutage de gueule à l'état pur.


Je ne cherche en AUCUN cas à défendre l'utilisation de la pub, et surtout pas sous forme de billets sponsorisés. Mais cette désagréable connerie qui consiste à stigmatiser une douzaine d'imbéciles heureux (y'en a quand même un qui se fait taper sur les doigts pour avoir réalisé une interview sponsorisée de Thomas Hugues) (oui, oui, une interview sponsorisée de Thomas Hughes... si c'est pas la lose intégrale) (okay c'est pas Danièle Gilbert, mais quand même) en évitant tout recul, toute analyse plus générale, en évitant de replacer tout cela dans ce contexte puant de publicité généralisée omniprésente et omnipotente (de combien de magazine la pub est-elle la seule source de revenue? de combien de site web ?), ça m'écoeure. Vraiment. Vraiment parce que les vrais points importants ne sont jamais abordés.
Rédiger un billets publicitaire, c'est un boulot de publicitaire. Ils en pensent quoi, les salariés et les freelance de la pub, des billets payés 25 euros ? Combien coute une campagne de pub à l'annonceur, et combien sont payés au total l'ensemble des blogueurs, publiciatires amateurs, qui ont finalement réalisé la campagne de pub ? Faut pas rêver, le crime ne profite toujours qu'aux même, et c'est pas la focalisation sur un poignée de lampistes qui arrivent à profiter un peu de ce système, et toujours les mêmes, c'est dire s'ils sont vraiment pas nombreux, qui changera la donne.
Parce que c'est un peu facile de mettre dans la lumière ceux qui font des billets sponsorisés, un peu comme tu jette des gladiateurs dans l'arène. Mais qui à inventé le concept de billets sponsorisés ? C'est Violette SBEP peut-être? C'est sûrement Emery, tiens.. Ya des pubards qui ont eu l'idée putassièrement géniale de faire encore plus fort que les adds google fondus dans le décor ; inciter les blogueurs à rédiger eux-même les publi-rédactionnels. Un billets sponsorisés c'est ultime ; ça s'adresse au bon public, avec le ton typique du blog, y a plus à chercher à fondre la pub dans le contenu, puisque la pub EST le contenu. Le concept est machiavélique. Et doublement machiavélique puisqu'une fois répandu il va semer la zizanie dans le landerneau blogueux en montant les lecteurs et les "blogueurs probes" contre les publi-rédacteurs. Cette gueguerre va focaliser l'attention pendant que la véritable pourriture bien à l'abri des regards, son gros cul infatué vissé dans un fauteuil confortable et hors de prix d'une agence de com de merde où le fric coule à flot et se déverse bien plus dans les poches des mafias colombiennes pourvoyeuses de sucre en poudre (allo tonton tu tousses?) à ingestion nasale que dans celles des publi rédacteurs de bout de chaîne, est déjà en train de fomenter le prochain concept de publicité intrusive et pernicieuse qui foutra à son tour le feu à la blogo en franchissant un cap supplémentaire vers la poubellisation généralisée d'internet. "Diviser pour mieux régner" qu'il disait l'autre...

Je vous ai déjà dit que j'aimais pas trop trop la pub ?

Au fait, samedi prochain, le 29 novembre, c'est le "Buy Nothing Day"...

"Et si on profitait de la crise
pour s’arrêter et réfléchir ?"


Oui, hein... ce serait pas une mauvaise idée...


(*) il y'a d'ailleurs parfois un bandeau de pub au-dessus de ce blog, et à chaque fois qu'il apparait c'est pour meetic, le supermarché déprimant des âmes seules.

25.11.2008

She looked like Joey Ramone

Eve, qui est pour environ 99,82% à vue de nez ("on est pas à une vache près") de l'inspiration musicale de ce blog vient encore de frapper un grand coup dans le tas de neurones apathiques qui s'occupe de gérer la parti "quand j'étais jeune" de ma cervelle. Non je vais pas prendre part au débat d'experts sur les Ramones, d'une part parce que j'y connais approximativement que dalle en Ramones -mais depuis que j'ai vu le Ramone's Raw, je baigne dans une sorte de totale respectitude pour ces Dalton du rock, pères fondateurs du pounk décérébré- et que d'autres part, les débats d'expert, c'est pas trop trop ma tasse de thé (je n'ai jamais été véritablement "fan" de qui, ni de quoi, que ce soit). Nan c'est juste qu'une gonzesse qui me cause (oui quand je lis son blog je suis tout seul, donc elle me cause à moi, rien qu'à moi, okay) Ramones avec des talents d'exègete, ça me déclenche immédiatement une érection le djuke bosque que j'ai dans ma tête, et sélectionne irrémédiablement un titre des Buckweeds. Bon alors les Buckweeds, je sais même pas si ça existe encore, mais c'est un peu comme des Ramones Belges qui auraient confondu l'héroine avec de la choucroute et de la bière. Je les avais vu en jospinie (cintegabelle pour les intimes),  le chanteur revenait du japon et avait ramené dans ses bagages deux groupes de punk à roulette (les deux groupes devaient tenir à l'aise dans ses bagages à main.. dieu que c'est petit un japonais, même quand ça saute sur scène, si t'es pas au premier rang tu vois rien). Les Buckweeds par contre c'est plutôt des belges version "peuple le plus courageux de toute la gaule". Quand les mecs te disent de pas toucher au micro, tu touches pas. Donc ouala, le décor est posé, les Buckweeds, c'est les Ramones avec un rythme plus lourd et un chant bien viril, ce qui te case pratiquement dans du streetpunk des familles. Mais pourquoi les buckweeds, diantre et bordel de couilles ? Parce qu'ils ont un morceau qui s'intitule "She looked like Joey Ramone" (Oh oh oh eh oh !) (hey ho!)


podcast

 

La phrase finale prononcée par la gonzesse et qui va faire déprimer notre Eve nationale s'explique par le fait que peu de temps après, Marky (le vrai) (enfin, le faux Ramone mais le vrai Marky) devait s'occuper de faire le pout-tchac dans le groupe...

 

 

 

24.11.2008

Ah ouais quand même...

 

 

J'avais raté l'émission de Taddéï, je la découvre, et je vois que le bonhomme prend de l'aisance... p*tain ça déchire. Pendant deux heures ça risque même de déchirer grave la cervelle ; penser à prendre avec moi la moitié de ma pharmacopée (une plaque de doliprane) mercredi souer.

Car oui, Tristan Edern Vaquette fait son show, délicatement intitulé "Crevez-tous, premier massacre", pour de vrai devant un vrai public (oui ça à l'air dingue comme ça, on dirait qu'il a étudié le truc uniquement pour pouvoir balancer sa rage à la figure de la ministress de la culture, mais en fait non). et il fait son malin tous les soirs de cette semaine à la Miroiterie (Paris), du mardi à samedi (du 25 au 29 novembre).
Faut venir à 20h30 pile. Ah oui, et la Miroit c'est où ? Bonne question...

Ah ben c'est là :

88 rue de Ménilmontant
(20ème, M° Gambetta ou Ménilmontant)

 

Amateurs de curiosité et de sensations fortes...

Le lundi matin à 9h, c'est l'heure de la reprise

Une reprise, comment dire... originale..

Pas sûr que ce soit des plus efficace pour entamer une semaine de taf, mais bon.. :o))


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23.11.2008

Cross-blog : Le fond sonore à bibi pour les billets d'Epidemik


Je ne sais pas si ça se fait, ni si c'est vraiment super poli, mais bon, comme il en va de mon équilibre mental, je suis obligé de procéder à la thérapie suivante ; mettre de la musique sur deux billets d'Epidémik, parce que sinon je vais devenir fou (cherchez pas, c'est la vérité, j'ai raison).

Tout d'abord il ya ce billet de Sauterelle, "Les perles du taf", qui se termine ainsi : "[...]les irlandais font, eux, des poèmes sur l’art et la manière de tirer une bonne pinte de Guiness, bien sûr… que la mousse, la couleur, la densité, ça ne s’improvise pas, il y a une technique, et du coeur à l’ouvrage… et que la pinte du Sheridan’s n’ a rien a voir avec celle du Murphy’s, du Sweeney’s ou du O Connor’s, Know what I mean?"

Nan mais là c'est pas possible d'enquiller un Pogues, Flogging Molly.. ou Dropkick Murphy's. Allez hop, un morceau des Irlandais de Boston, pour illustrer un billet d'un française en Irlande. Nickel

 



Et puis il y a ce texte, "India mon amour", par Pépite. Très joli et très poignant billet au demeurant, mais qui par ses références au cinéma indien (qui vaut toujours mieux que deux...) (pouet pouet) de Boolywood, a déclenché en moi un voyage spatio-temporel d'un demi-siècle (environ deux ou trois ans) quand ma petite cousine, insidieusement contaminée par sa grande soeur, refaisait en boucle les chorégraphies de Kajol, et quand moi-même, à mon tour atteint du virus, j'hallucinais devant ces comédies musicales interminables. Ma cousine ayant poussé le vice jusqu'à me graver la bande-son du film culte du noyau familial, j'ai nommé "Kuch Kuch Hota Hai", qui a donné le terme générique "Kuch kuch" pour désigner toute production bollywoodienne (exemple ; "ho non pas encore un kuch kuch à la télé ce soir", ou bien "vas-y fais moi du kuch kuch chéri"). Ce CD a tourné un sacré bout de temps chez moi, un peu comme une drogue dont on a quand même super honte (j'ai eu des rapports sexuels sur de la musique bollywoodienne, je suis un ouf, j'ai peur de rien) (a priori ma partenaire était soit sourde soit bien aimable).
Et donc afin de conjurer le retour de cette mélodie ravageuse pour mes neurones, je vous propose de partager ma douleur en écoutant ce somptueux morceau de bravoure musicale (faites gaffe vous risque de l'écouter en boucle, comme loituma). Allez hop tous ensemble : KOYEMIIILEGAYAAA !!


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21.11.2008

A côté de la plaque

Au départ déjà je voulais écrire un titre dans le style un poil pleurnichard "pourquoi faut-il toujours que je tombe sur des gonzesses compliquées?", mais le style pleurnichard, même un poil, c'est pas tellement compatible avec mon égo démesuré. J'avais finalement opté pour "ah tiens, ce coup-ci j'ai visé trop haut", ce qui était tout aussi faux. En terme de relations, fussent-elles amoureuses, on ne vise jamais trop haut (ni trop bas d'ailleurs), on vise à côté. On fait fausse route quoi. Seulement, la métaphore du deuxième titre, qui sous-entend une dépense d'énergie en pure perte me plaisait bien. Mais elle est fausse. Des fois tu te dis, "tiens et si je tentais de rejoindre cette charmante gazelle qui gambade dans ce vert pâturage ?", et là tu enfourches ton vélo, et commences à pédaler. La gazelle ne s'enfuit pas, non, pas même elle tente de s'échapper. Limite elle te regarde avec un grand sourire. Mais rien n'y fait, tu pédales tu pédales, et finalement tu t'aperçois que tu t'es gouré de route. La gazelle n'a pas bougé de son vert pâturage, elle est toujours aussi souriante, mais toi, t'es comme un con sur l'autre versant grimpant vers un sommet inutile. Amis de l'effort pour rien et du pédalage dans la semoule bonjour.
Dès le début, je sentais bien que je tapais à côté de la plaque. Un minimum d'observation, un peu de jugeote, fallait pas être grand clerc pour voir qu'on était pas du même monde et qu'on ne va pas pas aisément à l'encontre des structures sociales établies. Et je ne cause pas en terme de hiérarchie (la hooote société et le bas pople), mais bien de différence, de séparation. Le parisianisme, la pub, la com... ce n'est pas mon milieu. En matière de hiérarchie, la seule dont je consent à accepter l'existence est celle du bonheur. Et je ne suis pas sûr qu'un milieu en apporte automatiquement plus qu'un autre. Tout ça pour dire que je me contrefous éperdument du milieu de la fille si celle-ci m'attire, si je pense avoir trouvé une pépite, un esprit à part. Ce qui est advenu, disons, récemment. Une plume virevoltante et totalement hors des limites de la production actuelle, une loufoquerie délicieuse dans un esprit des plus avisés. Mais je n'ai jamais su viser juste dans nos échanges privés. Comme j'ai toujours considéré qu'une relation, quelle qu'elle soit, se devait d'être basée sur la réciprocité d'échanges d'information (sinon ça part en couille direct avec suprématie de l'un sur l'autre), j'en ai lâché de l'info. Non pas dans un souci désespéré dès le départ qu'elle consente elle-même à me balancer son adresse et son numéro de tel, non... parce que, en fait, toutes ces informations à son sujet je les avait déjà. Bah oui, internet est une vaste banque de données que voulez-vous. Myspace, Facebook, whois.. Bref, la relation ne partait pas équilibrée. J'ai rectifié. Certes à partir de ce moment là, tout peut paraître équilibré, mais c'est un leurre. Car si l'état est en équilibre, la construction ne l'est pas. Je lui ai donné des informations sur moi, elle ne m'en donnait pas sur elle ; c'est subtil mais ça fait tout la différence. Des dizaines de mails échangés pour n'apprendre finalement que de l'anecdotique expédié à la va-vite. J'ai jamais autant navigué entre l'agacement et le sourire. Sérieux, il n'y pas mort d'homme, et finalement c'est assez marrant de voir une relation ne pas naître (faudrait pas que ça se reproduise trop souvent non plus, remarquez). Je me suis gouré de route, et j'ai eu beau essayer de prendre tel ou tel sentier, rien à faire, la belle était sur le versant d'en face, elle ne bougeait pas, ne s'enfuyait pas, avait l'air plutôt contente... et moi je pédalais. Une fois j'ai pensé que l'on en arrivait au point max de l'échange épistolaire ; je lui proposai de se voir. Allez hop, demain dans l'aprème, je vais pas taf, direction paname, t'as le choix de l'heure... probablement un peu trop tempétueux de ma part, car comme dit le proverbe, qui sème la tempête, récolte le vent. De toute beauté celui-là, direct dans le hall of fame des excuses improbables. Dans un souffle, presqu'innocement, elle me glisse -en substance, car l'exactitude de l'alibi, vraiment, je ne peux- "j'ai pas le temps". Lecteurs vils mais doués d'un sens commun infaillible, vous vous dites que tout simplement elle aime pas ma gueule. Encore eut-il fallut que. Mais non. Pas encore d'échanges visuels. "J'ai pas le temps", sans autre précision sur une prochaine éventualité de rencontre, ça signifie, à la louche, never. C'est une manière délicate de dire "ce soir je vais me souler la djole, mais pas avec toi", une douceur sémantique pour éluder un "je me ferais bien une queue, mais pas la tienne, étienne". J'ai pédalé encore un peu, sachant toutefois la cause entendue. Elle l'était.
A côté de la plaque.
Ouais, ça c'est un bon titre.
Ca résume bien.

Et vous savez quoi ? En redescendant, avec mon vélo à la main, tranquille, j'ai été intrigué par quelques bosquets en bord de route. En écartant les buissons, on peut apercevoir un chemin. Vous pariez qu'il mène à la gazelle ? Et bien moi non. Je ne parie pas. Je ne veux pas savoir. Si tel était le cas, pourquoi ne me l'a t'elle pas montré? Pourquoi m'a t'elle laissé faire fausse route ? Parce qu'elle se mérite ? Probablement. C'est sans doute cela ; un gibier de cette qualité se mérite. Mais un gibier, même de haute qualité, cela reste un gibier. Qu'il faut chasser. Et je ne suis pas un chasseur. Comme le Petit Prince, j'apprivoise. On m'apprivoise. On s'apprivoise. Je ne sais pas chasser, je ne veux pas. J'ai doucement laissé les bosquets se refermer sur le passage. Et j'ai continué ma route.

 

 


podcast

Zabriskie Point - "Dans la ville"

 

20.11.2008

Allez savoir pourquoi...

... je me suis réveillé avec cette chanson en tête.. Alors évidemment je suis parti fouiller mon repertoire zique, et j'ai fini par la retrouver dans unvague répertoire "en vrac", là où je colle parfois les morceaux de zique que j'aime bien mais dont le reste de la discographie de l'auteur me laisse globalement indifférent. C'est ma cousine (encore et toujours elle) qui m'a fait découvrir les deux lives de Johnny Cash dans les prisons de St Quentin et de Folsom. J'ai écouté les lives quelques temps plus pour ce qu'il représentaient (un live dans des taulards surchauffés, tout le temps à la limite du pétage de plomb) que par amour de la country music. Par contre, le morceau Walk The Line fait clairement parti des chansons cultes qui me reviennent régulièrement en tête et qu'il faut que je ré-écoute en boucle pour arriver à m'en débarrasser. Et surtout celle du live, pour une raison particulière que nous verrons plus tard. En fait Johnny Cash, fait un petit speech dans lequel il dit que le show est filmé. J'ai donc cherché sur youtube, au cas où... Et voici ci-dessous l'extrait du documentaire qui en a résulté..




Mais le plus drôle, c'est que les réalisateurs ont coupé au montage le petit speech introductif de Johnny Cash, qui donne une saveur toute particulière à ce morceau. En gros il dit que le spactacle est filmé, qu'on lui a dit de jouer tel et tel morceau, mais qu'il en à rien foutre.. En réalité, le morceau commence par  :

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