12.07.2008
La pub ne sauvera rien
Comme ça fait un petit bail que j'avais rien écrit ici, je vais profiter d'un billet de Cholera sur Epidemik (et surtout du fait que la clique soit partie en vacance, cela évitera des représailles immédiates). Billet intitulé "la pub va t'elle sauver la zik ?".
En fait ce billet est le début de l'interview de "Charles Henri de Pierrefeu, responsable de la synchro pub chez Universal". En gros le mec chargé de mettre de la jolie musique sur des spots de pub. Visiblement cette année a été plutôt faste en découverte de "nouveaux talents" par la grâce de la sainte pub...
Mais la pub ne va rien sauver du tout. La pub est un polluant qui dégrade tout ce qu'elle touche. "Publicité" accolée à "musique" est un oxymore. Des que la pub s'approche d'une oeuvre elle la pourrit jusqu'à la moelle.
Les Clash qui ont vendu leur zique à un marchand de jeans ; elles doivent bien tripper les ouvrières lilloises virées comme des chiennes de leur usine Levi's en écoutant Should I stay or should I go. Là y'avait pas d'indecision pour les bugger ; pas de stay au programme. Impossible pour moi d'écouter cette chanson sans penser à ces vies sacrifiées pour quelques dollars de plus glanés à l'autre bout du monde ; la pub n'a pas sauvé l'industrie lilloise du jean en tous cas.
Iggy Pop faisant le mariole dans une pub SFR, en chantant I wanna be your dog. Putain.. I wanna be your dog, bordel. Hit séminal, morceau emblématique des stooges et de la vague rock'n'roll annonciatrice du punk, c'est du concentré de révolte cette chanson. Ouais ben maintenant I wanna be your dog c'est la zique de SFR, une bande-son pour un opérateur téléphonique. Ils doivent être super content les esclaves des centres d'appels quand ils écoutent les Stooges, ça doit leur rappeler le bon temps des externalisations sauvages. Encore une chanson que je ne peux plus écouter sans avoir envie de gerber sur l'iguane et son infinie connerie.
Les Pixies livrant en pâture à AOL leur magnifique Where is mymind. Putain de merde. Elle est magnifique cette chanson. Et maintenant elle est associée à un operateur internet (avouez que quand vous écoutez ça vous pensez de suite à un mec qui se prend une bulle de flotte sur la gueule!). La pub m'a pourri mes souvenirs. Mes souvenirs d'étudiant. La pub est une fieffée connasse !
Et le dernier en date, I'm free des Rolling Stones, associée à un cacatre renault qui pue et qui pollue (comme la pub). Supaire. Ils doivent être bien contents les suicidés du technocentre ; maintenant ils peuvent reprendre en choeur "I'm free to do what I want!" En même temps, les Rolling Stones avaient déjà vendu leurs culs à microsoft, remember "start me up", ils peuvent bien vendre le reste à un pollueur champion du management par le stress.
La pub ne sauve rien, n'enjolive rien, elle détruit nos anciennes sensations, elle pourrit tout ce que la musique devrait nous faire ressentir. La publicité qui s'empare de la musique ce n'est rien d'autre qu'un immense gâchis en perpétuelle expansion. Un écoeurement sans cesse renouvelé.
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